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Le rôle de la Suisse dans la Première Guerre mondiale

Défense d’avions en suisse en mai 1917
Source : Wikimedia

Cette année, le monde fête les cent ans de la fin de la Première Guerre mondiale, un conflit ayant touché de multiples pays en Europe et au-delà, et ayant eu pour conséquences de nombreuses pertes humaines. En 1918, la Suisse fit partie des rares nations étant restées neutres durant ce conflit. Cependant, la Première Guerre mondiale ne fut pas sans conséquence pour le pays, que ce soit au niveau de sa politique intérieure, ou en ce qui concerne ses relations avec les nations en guerre.

L’aide de la Suisse aux soldats des différents camps

Malgré sa neutralité, la Suisse, située entre la France, l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne, et l’Italie, des acteurs de camps différents, fut au cœur de la Première Guerre mondiale. En effet, bien que n’ayant pas participé aux combats ni prêté allégeance à un groupe en particulier, la Suisse a cependant bel et bien pris part à la Première Guerre mondiale, notamment en apportant son aide aux deux camps. Avec des batailles se déroulant jusqu’à ses frontières, la Suisse fut un lieu de repos et de convalescence pour les soldats de la Triple Entente, comme les Français et les Anglais, mais aussi pour les Empires centraux et en particulier pour les combattants allemands.

Une stratégie de paix

Cette stratégie qui, au premier abord, ne semble pas neutre a en réalité été mise en place dans le but d’éviter les invasions comme cela s’est produit en Belgique, neutre comme la Suisse, qui a malheureusement essuyé de nombreuses batailles sur son territoire. Ainsi, la Suisse a recueilli plus de 68 000 soldats malades et blessés des différents camps, et a pu leur permettre d’être soignés dans les villages montagnards grâce à l’aide de la Croix rouge, et de récupérer loin des champs de bataille. De multiples stations et villages suisses ont donc accueilli des combattants et des prisonniers de guerre sévèrement blessés, comme Château d’Oex, Montreux ou Lausanne. Pour les soldats en convalescence qui s’ennuyaient lors de leur séjour, n’ayant malheureusement pas accès aux jeux-de-casino en ligne, des évènements sportifs ont dû être organisés pour les occuper.

Une stratégie touristique

Bien plus qu’une simple stratégie ayant pour objectif d’entretenir la paix entre les pays en guerre et la Suisse en soignant les soldats, cet accueil a également permis de relancer le tourisme, au point mort pendant le conflit. En effet, les Allemands, les Anglais et les Français prenant part à la guerre ne pouvaient plus venir en vacances, et les voyages étaient souvent risqués. La Suisse a par conséquent placé les 68 000 soldats blessés et malades dans les hôtels déserts de Suisse, et notamment en montagne. Les gouvernements, reconnaissants à la Suisse pour son aide, payaient donc les séjours des convalescents dans les hôtels et leur permis d’éviter la faillite et de survivre durant ces temps de guerres, difficiles même pour les pays neutres.

L’impact de la Première Guerre mondiale sur la Suisse

les tranchées à Verdun, 90 ans plus tard
Source : Wikimedia

Malgré la neutralité de la Suisse, celle-ci a tout de même subi des dommages collatéraux. Cela a touché par exemple les soldats suisses, la population, mais aussi sa politique durant la guerre.

Les pertes humaines suisses

Bien que la Suisse ait préféré rester en dehors du conflit autant que possible, cela n’a pas empêché certains soldats suisses exilés en France et souhaitant apporter leur soutien à leur pays adoptif de s’engager dans l’armée au côté des Français. Ainsi, plus de 77 combattants suisses sont morts durant la meurtrière Bataille de Verdun qui s’étala sur plus de neuf mois, et 130 hommes ont perdu la vie dans la bataille de la Somme qui s’étendit environ sur un semestre. Pendant cette guerre, ce sont presque 1900 soldats suisses, exilés en France, appartenant à la Légion étrangère, ou apportant leur soutien à la France, qui sont tombés au front.

Les tensions entre les francophones et les germanophones

La guerre n’a pas seulement fait trembler les frontières suisses : en effet, des tensions sont depuis cette période nées entre les germanophones et les francophones suisses, laissant place à ce qu’on appelle encore la barrière de Rösti. Toujours présentes aujourd’hui, ces tensions sont nées du rapprochement culturel qu’on ressentit les Suisses à l’égard du pays parlant la même langue. Ainsi, les germanophones ont défendu les Allemands, tandis que les francophones ont pris la défense des Français, et cela a laissé place à une mésentente pacifique faisant désormais presque partie intégrante de la culture suisse.

L’impact de la guerre sur la Suisse neutre

Si la Suisse n’a pas subi de dommage matériel, et a essuyé peu de pertes humaines, sa situation géographique et l’absence de littoral ont forcé le pays à prendre des mesures importantes durant la guerre pour la survie du peuple. En effet, au cœur des nations en guerre, la peur de l’invasion a mené à l’enrôlement de tous les hommes âgés de 20 à 44 ans pour protéger les frontières suisses. Cela a donc eu pour conséquence un manque de main-d’œuvre au niveau de l’extraction des matières premières et de leur transformation, que les femmes ont dû prendre en main, notamment dans les fermes. Le commerce était quasiment au point mort, la Suisse ne pouvant communiquer vers l’extérieur et donc ne pouvant vendre et acheter aux autres pays, la plupart ayant du mal à subvenir aux besoins de leurs propres peuples. La peur de la famine succédant à celle de l’invasion, les Suisses ont ainsi dû faire attention à leurs dépenses, les stocks étaient même strictement interdits pour que tout le monde puisse trouver de quoi manger durant ces dures périodes.